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Présences

 

 

Peindre un portrait n’est jamais neutre. Avec des inconnus, l’exercice reste technique. Avec des proches, il devient fragile. Il engage la susceptibilité des modèles — vont-ils se reconnaître, se trouver trahis, enlaidis, durcis ? — et implique la sensibilité de l’exécutant.

Peindre un visage, le mettre en scène dans une vision particulière, c’est affirmer qu’il est unique. C’est tenter de le soustraire, un instant, au temps. Exactement le contraire de ma démarche obsédée par l’altération et la fissure.

Pourtant, ces portraits ne cherchent ni la caricature ni la déformation. Ils s’efforcent de témoigner de l’estime à un individu particulier. Ils reconnaissent à chaque personne sa singularité — ils ne la réduisent ni à un archétype, ni à un symbole. Souvent, mon travail exhibe l’inéluctable dégradation. Ici, malgré mon pessimisme, j’essaie de croire que représenter peut retenir quelque chose. Que l’image peut encore protéger une présence.

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Bertrand G. par Olivier Lacoste

© 2017 Olivier Lacoste             

Instagram : olivier_lacoste_sartcasmes

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