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cabanes au moulleau Olivier Lacoste sARTcasmes

Toponymies

 

Les lieux ici portent aimablement leur nom. Ils semblent, au premier regard, plus gratuits, plus contemplatifs que les « sarcasmes » ou les « déformations ». Certains paysages évoquent des endroits visités, parfois aimés, pour leur éclat ou pour leur calme. Cependant, les tableaux ne se contentent pas de reproduire l’apparence : ils recomposent, déplacent, hybrident.

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La Valette devient un navire de croisière flanqué d’une plateforme pétrolière ; Porto se métamorphose en vaisseau spatial ; les arches de Cordoue se déforment jusqu’à dessiner une rosace psychédélique.

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Certaines vues introduisent une distance avec leur titre, bien visible. À Essaouira, des bateaux bleus à sec s’avouent « désœuvrés ». Sur le canal Saint-Martin circulent Santa Maria, Pinta et Nina : la dernière, contrairement aux deux autres, n’est pas une caravelle mais une petite fille. D’autres paysages relèvent d’utopies discrètes, des vues sur nulle part.

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Les espaces glissent en douceur, changent d’échelle ou de fonction. Les horizons se déplacent, les architectures se transforment, les équilibres se désaxent. Ces légers décalages éveillent la rêverie — ou l’inquiétude, malgré des couleurs vives, souriantes ou douces. La toponymie n’est pas une cartographie précise des lieux ; elle bavarde un peu. Les images ici brouillent la manière dont un espace est perçu, rêvé, transformé. Entre fidélité et invention, elles explorent la fragilité de nos représentations.

© 2017 Olivier Lacoste             

Instagram : olivier_lacoste_sartcasmes

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